Donald Trump a annoncé le 1er mai son intention de porter les droits de douane sur les exportations européennes vers les États-Unis à 25 %, contre 15 % prévus par l’accord commercial conclu l’été dernier. L’Allemagne, dont l’économie repose largement sur ses exportations industrielles, serait la première victime de cette décision. Selon l’institut économique Kiel pour l’économie mondiale (IfW), le coût pourrait atteindre 15 milliards d’euros de production, voire le double à long terme.
En bref
- —Trump veut porter les droits de douane sur l’UE à 25 %
- —L’Allemagne risque jusqu’à 15 milliards d’euros de pertes
- —Une dispute diplomatique entre Trump et Merz aggrave la situation
Une hausse tarifaire qui menace l’économie allemande
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump a annoncé vouloir appliquer dès « la semaine prochaine » des droits de douane de 25 % sur les produits exportés de l’Union européenne vers les États-Unis. Cette décision remet en cause l’accord commercial conclu l’été dernier entre Washington et Bruxelles, qui fixait ce taux à 15 %.

C’est l’Allemagne qui serait la plus durement touchée. Selon l’institut économique Kiel pour l’économie mondiale (IfW), cité par BFMTV, la facture pourrait s’élever à 15 milliards d’euros de production pour nos voisins outre-Rhin. Les effets seraient qualifiés de « substantiels » par les experts.
À plus long terme, l’impact pourrait même doubler. L’IfW estime que le coût total pourrait atteindre 30 milliards d’euros si ces mesures tarifaires venaient à s’installer durablement dans les échanges commerciaux transatlantiques.
L’industrie automobile, secteur le plus exposé
L’Allemagne est l’un des premiers exportateurs automobiles au monde, et les États-Unis figurent parmi ses marchés les plus importants. Avec des droits de douane portés à 25 %, même la réputation de qualité associée à la fabrication allemande ne suffirait pas à compenser la hausse des prix pour les consommateurs américains.

D’autres pays européens à forte tradition automobile seraient également très affectés, notamment la Slovaquie, la Suède et l’Italie. Ces économies, dont une part significative des exportations repose sur le secteur automobile, se trouveraient elles aussi fragilisées par cette décision.
Face à cette menace, la fédération de l’industrie automobile allemande (VDA) a réagi en demandant que l’accord commercial conclu entre l’UE et les États-Unis soit « respecté par les deux parties », rappelant que les engagements pris doivent être honorés.
Un accord commercial fragilisé
L’été dernier, l’Union européenne et les États-Unis avaient conclu un accord commercial fixant les droits de douane sur les exportations européennes à 15 %. Cet accord visait à stabiliser les échanges transatlantiques après plusieurs années de tensions tarifaires. La nouvelle annonce de Donald Trump, qui entend porter ce taux à 25 %, remet directement en cause cet équilibre.
Une dispute diplomatique en toile de fond
Au-delà du différend commercial, des tensions diplomatiques récentes entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz semblent peser sur la situation. Le 27 avril, Merz avait déclaré que « les Américains n’avaient visiblement aucune stratégie » en Iran, ajoutant que Téhéran « humiliait » les États-Unis.

Ces déclarations ont provoqué une vive réaction de Washington. Certains observateurs estiment que la décision de cibler particulièrement l’Allemagne dans cette hausse tarifaire n’est peut-être pas sans lien avec ces échanges houleux entre les deux dirigeants.
Par ailleurs, chaque camp accuse l’autre de ne pas respecter l’accord commercial de l’été dernier. Donald Trump reproche aux Européens de ne pas tenir leurs engagements, tandis que l’Union européenne formule exactement le même grief à l’égard des États-Unis.
Berlin appelle à la patience face aux menaces de Washington
Du côté allemand, la réponse officielle est pour l’instant à la retenue. Le principal conseiller du ministre allemand des Finances, Jens Suedekum, recommande de « simplement attendre et observer pour l’instant ».

Il justifie cette posture en rappelant qu’il est « bien connu que Donald Trump est prompt à suspendre ou à retirer ses menaces tarifaires grandiloquentes ». Une prudence qui reflète l’incertitude persistante autour des décisions commerciales de l’administration américaine.
Malgré cette attente calculée, la pression reste forte sur Berlin. Les acteurs économiques, à commencer par l’industrie automobile, réclament des garanties et une application claire des accords existants, sans attendre que les menaces se concrétisent.
La menace de Donald Trump de porter les droits de douane à 25 % sur les exportations européennes place l’Allemagne dans une position économique délicate, avec un risque chiffré entre 15 et 30 milliards d’euros selon les projections de l’IfW. Si Berlin choisit pour l’instant la voie de la patience, les industriels allemands, et notamment le secteur automobile, attendent des réponses concrètes. La capacité de l’Union européenne à défendre l’accord commercial existant sera déterminante dans les semaines à venir.